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L'Art de courir sous la pluie

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Je sais à quoi m’attendre, je l’ai vu dans un reportage sur la Mongolie. Je n’ai jamais rien vu de mieux à la télé, hormis le Grand Prix de Formule 1 de 1993 où Senna s’est révélé être un génie de la conduite sous la pluie. Donc, ce documentaire m’a ouvert les yeux : quand un chien a fini de vivre sa vie de chien, il se réincarne en homme. Je me suis toujours senti presque humain. J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose en moi de différent des autres chiens. Bien sûr, je suis coincé dans le corps d’un chien, mais ce n’est que l’enveloppe extérieure. C’est ce qu’il y a à l’intérieur qui compte : l’esprit. Et mon esprit est tout ce qu’il y a de plus humain.» Diplômé de Columbia, Garth Stein s’est illustré dans la réalisation de documentaires – la plupart de ses créations ont été primées – et la production cinématographique avant de se lancer dans récriture. Ses deux premiers romans ont suscité l’admiration de la critique américaine. Il y a sûrement pas mal de points communs entre Cornet, son chien, et Enzo, son héros… «Profondément émouvant, magnifiquement réalisé, voilà un roman qui sort clairement du lot.» The Washington Times «Une fois que vous aurez lu Garth Stein, vous ne verrez plus jamais le monde du même oeil» The Progress Tribune Extrait du livre : Les attitudes, c’est tout ce que j’ai… Parfois elles doivent paraître grandiloquentes. Mais si je franchis la ligne et tombe dans le mélodrame, c’est pour communiquer de façon claire et nette. Pour me faire comprendre sans ambiguïté. C’est fort regrettable, seulement, je ne peux pas compter sur les mots : ma langue a été conçue longue, plate et molle. Par conséquent, on n’aurait pu imaginer pire outil pour tourner les aliments dans ma bouche pendant que je mastique, et elle est totalement inefficace pour articuler des mots polysyllabiques intelligibles qui formeraient des phrases… Voilà pourquoi je me retrouve ici, seul, à attendre que Denny rentre – il ne devrait plus tarder -, couché sur les dalles de la cuisine, baignant dans ma propre urine. Je suis vieux. Je pourrais certes encore vieillir, mais ce n’est pas comme cela que je voudrais partir. Bourré de médicaments contre la douleur et de stéroïdes pour éviter que mes articulations n’enflent trop. La vision brouillée par la cataracte, attaché à une de ces petites carrioles comme j’en ai vu dans la rue pour traîner les chiens handicapés en fin de vie qui n’ont plus la force d’utiliser leurs pattes arrière. C’est humiliant et rabaissant. Pire que de se déguiser pour Halloween quand on est un chien ? Pas sûr, mais presque. Denny s’y résoudrait par amour, je le sais. Je sais qu’il voudrait bien me garder vivant le plus longtemps possible, même si mon corps se décomposait petit à petit. Mais je ne veux pas qu’on me garde en vie dans ces conditions. Parce que je connais la suite. Je sais à quoi m’attendre, je l’ai vu dans un reportage sur la Mongolie. Je n’ai rien regardé de mieux à la télé, hormis le Grand Prix de Formule 1 de 1993 où Senna s’est révélé être un génie de la conduite sous la pluie. Donc, ce documentaire m’a ouvert les yeux : quand un chien a fini de vivre sa vie de chien, il se réincarne en homme. Je me suis toujours senti presque humain. J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose en moi de différent des autres chiens. Bien sûr, je suis coincé dans le corps d’un chien, mais ce n’est que l’enveloppe extérieure. C’est ce qu’il y a à l’intérieur qui compte : l’esprit. Et mon esprit est tout ce qu’il y a de plus humain. Je suis prêt à devenir un homme maintenant, même si je sais bien que je perdrai tout ce que j’étais. Tous mes souvenirs, mes expériences. Je voudrais bien les emporter avec moi dans ma prochaine vie – j’ai tant appris aux côtés des Swift – mais je n’ai pas mon mot à dire. Je ne peux qu’essayer de toutes mes forces de me rappeler. Imprimer ce que je sais dans mon esprit, qui n’a ni surface, ni côtés, ni pages, ni forme… L’emporter tout au fond des poches de mon existence et ainsi, quand j’ouvrirai les yeux sur mes nouvelles mains munies de leurs pouces capables de se refermer sur les autres doigts, je saurai déjà. Je comprendrai…

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Auteur : Garth Stein

Éditeur : First

ISNB 13 : 9782754008167

ISNB 10 : 2754008160

Nombre de pages : 319

État du livre : bon état

Reliure : broché

Poids : 440 gr

Largeur : 14.61 cm

Longueur : 22.61 cm

Épaisseur : 2.9 cm

L’édition livrée peut éventuellement différer de celle commandée.

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